SECURINEGA VIROSA

 

SECURINEGA VIROSA

Français : Balan des savanes.       Wolof : Keng

 

 flueggea virosa est présent à l'état naturel dans toute l'Afrique tropicale, depuis la Mauritanie jusqu'en Somalie, et vers le sud jusqu'en Afrique du Sud, ainsi qu'à Madagascar et sur l'île de la Réunion. Son aire de répartition couvre également une zone qui va de l'Egypte et de la péninsule Arabique jusqu'au Japon, en Australie et en Polynésie, en passant par l'Asie tropicale.

Usages
Flueggea virosa est une importante plante médicinale en Afrique tropicale. Elle est utilisée pour toutes sortes de maux, seule ou en association avec d'autres plantes. Toutes les parties sont utilisées, mais c'est la racine qui est réputée la plus active. La décoction de racine ou la poudre de racine, prises dans de l'eau ou en bain, sert dans le traitement des affections hépatiques, de la bile et des reins, des maladies urinaires et vénériennes, ainsi que des inflammations testiculaires, de la frigidité, de la stérilité, des règles abondantes, des rhumatismes et de l'arthrite. Les préparations à base de racine se prennent couramment comme tonique, comme aphrodisiaque ou pour traiter l'impuissance. Ce sont parfois les feuilles ou les rameaux feuillés qui sont utilisés à cette fin. L'infusion de racine ou la décoction est un traitement courant des infections des voies respiratoires supérieures, depuis la toux jusqu'à la tuberculose, et également des douleurs abdominales, notamment des maux d'estomac, de la dysenterie, des vers intestinaux et de la schistosomose. La racine ou le fruit se mastiquent pour traiter les morsures de serpent ; la décoction quant à elle se tamponne sur la morsure. La pulpe de racine, qui a une action analgésique, se frictionne sur le crâne pour traiter les maux de tête, et sur le dos pour traiter le mal de dos et la hernie. La décoction de racine ou l'infusion s'appliquent en externe sur les blessures, les furoncles et les ulcères et diverses affections cutanées, notamment les démangeaisons et la candidose. On frictionne la peau avec des fruits réduits en pulpe pour traiter les démangeaisons. Les feuilles et les rameaux feuillés en décoction ou en infusion se prennent couramment pour traiter le paludisme, la fièvre, la jaunisse, la rougeole, les œdèmes, les vertiges, l'anémie falciforme, les convulsions, les vomissements, les maux d'estomac, les vers intestinaux, la constipation, la dysenterie et les accouchements difficiles. Le jus de feuilles en application topique sert contre la conjonctivite et les douleurs d'oreille, et en gouttes nasales pour traiter les maux de tête, notamment la migraine. On en frictionne les articulations et les membres pour traiter la rigidité et les douleurs fébriles. Au Niger, la décoction de parties aériennes est prise comme tonique. En Centrafrique, la décoction de feuilles est utilisée dans des bains pour revigorer le corps. Au Burundi et en Tanzanie, la décoction de feuilles se prend pour traiter les troubles de la lactation et se donne également aux mères qui allaitent et dont le bébé est en mauvaise santé à la naissance, ou aux femmes qui risquent de donner naissance à des enfants mort-nés. En Ouganda, la poudre de feuilles est utilisée comme aphrodisiaque pour les hommes et pour provoquer l'avortement chez les femmes. La décoction de rameaux feuillés ou le jus des feuilles fraîches sert en gouttes nasales pour soigner l'épilepsie et les bouffées délirantes.
En Tanzanie, la décoction de racine se prend pour traiter l'épilepsie, les convulsions et le prolapsus du rectum ou de l'utérus. L'infusion d'écorce de la racine sert à traiter les maladies apparentées au VIH. Au Zimbabwe, on applique de la bouillie de poudre de racine sur les fontanelles affaissées ; les Ndebeles quant à eux la consomment avant les relations sexuelles comme contraceptif. A Madagascar, la décoction de racines se prend contre les maux de dents et pour le traitement de la faiblesse sexuelle. En Mauritanie, la décoction d'écorce de tige, mélangée à d'autres parties de la plante, sert à traiter le bétail contre les vers intestinaux. Au Ghana, au Nigeria et au Soudan, l'extrait d'écorce est utilisé pour lutter contre la vermine (puce d'eau, rats et souris) et comme poison de pêche, mais sa toxicité paraît faible. En Centrafrique, une décoction à base d'écorce de racine et de tige sert de poison lors des jugements rituels. En Afrique de l'Est, on prend de l'infusion de racine pour traiter l impuissance sexuelle et les maladies causées par la sorcellerie.

Flueggea virosa a de nombreux autres usages. Ses feuilles produisent un colorant noir qui sert à teindre les fibres de palmier en noir. On considère à Madagascar que sa qualité est médiocre, car la coloration n'est pas uniforme. Un colorant rouge tiré des fruits est utilisé comme encre. En Inde, l'écorce est utilisée pour le tannage. Sa nature buissonnante, son feuillage attirant et ses fruits blancs et cireux font de Flueggea virosa une intéressante plante ornementale. Ses feuilles et ses fruits sont volontiers broutés par le bétail, et on leur en donne comme fourrage. Les fruits sont comestibles à maturité. Ils sont juteux et sucrés, avec un goût légèrement amer. Ce sont surtout les enfants qui les mangent, mais on en fait aussi une boisson alcoolisée. On les donne également à manger aux volailles.

Flueggea virosa est une plante médicinale très importante en médecine traditionnelle. De nombreuses études ont été menées sur la chimie et les activités pharmacologiques des différents composés et préparations. Les différentes parties végétales ont une activité significative contre toutes sortes de bactéries et de champignons, y compris des pathogènes humains. Mais il est nécessaire d'approfondir les recherches pour évaluer pleinement ses autres usages, par ex. comme remède à la stérilité féminine, comme antidote au venin de serpent, comme analgésique, pour accroître la libido, contre la diarrhée, les douleurs abdominales et les maladies vénériennes. Sa nature buissonnante, son feuillage attrayant et ses fruits blancs cireux font de Flueggea virosa une ornementale intéressante.

 

 

 

 

Commentaires (1)

1. Guindo Moctar 21/09/2015

Je suis étudiant Malien à l'Institut Polytechnique IPR /IFRA de Koulikoro en classe terminale, je prepare mon mémoire sur la filière des plantes médicinales dans le district de Bamako, j'ai beaucoup apprécié vos recherches sur le [i]Sécurinega Virosa.

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